Dans un contexte de stress hydrique croissant, la gestion de l’eau n’est plus une simple ligne comptable, mais un levier de résilience. Grégoire de Hemptinne, CEO de Shayp, s’attaque aux 20 % de la consommation d’eau gaspillée dans les bâtiments non résidentiels à cause de fuites ou de systèmes mal calibrés. Son ambition ? Transformer chaque infrastructure en un modèle de sobriété.

Grégoire de Hemptinne
CEO DE SHAYP
Le concept de Shayp repose sur la prévention via la création d’un jumeau numérique de la consommation. « Un module intelligent est connecté au compteur général pour mesurer les flux en temps réel », explique Grégoire de Hemptinne. « Grâce à des algorithmes d’IA, le système identifie ensuite les anomalies en quelques minutes et alerte immédiatement les gestionnaires. » Au-delà de la détection, la solution permet de comparer les performances des bâtiments et de recommander des investissements stratégiques, comme le remplacement de machines obsolètes.
Dans un contexte de stress hydrique croissant, la gestion de l’eau n’est plus une simple ligne comptable, mais un levier de résilience.
Depuis sa création en 2017, Shayp a équipé 9.000 compteurs pour 150 clients majeurs en Europe. Son portefeuille est hétérogène : grands groupes de la distribution et de la restauration, institutions financières, hôpitaux, etc. L’une des initiatives les plus marquantes concerne leur nouveau modèle d’affaire de compensation de l’empreinte eau. Plusieurs grandes entreprises, dont les data centers consomment d’importants volumes d’eau, financent l’équipement de Shayp dans des établissements publics pour réduire l’empreinte hydrique globale de leur bassin. Ainsi, 125 écoles à Bruxelles et 240 à Mons bénéficient de cette technologie. En échange, les écoles s’engagent simplement à réparer les fuites détectées.
Pour le CEO de Shayp, la prise de conscience est urgente : « Moins de 20 % des organisations disposent d’un suivi rigoureux. Pourtant, l’enjeu est vital : en cas de sinistre des eaux, les coûts indirects peuvent être importants. De plus, avec les problèmes de sècheresse, les entreprises comprennent qu’un bâtiment sans eau ne peut plus accueillir d’employés ni fonctionner. Plus qu’un outil d’économie d’eau, Shayp se positionne comme un pilier de la gestion des risques et de la durabilité des entreprises. »