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Recourir au végétal pour lutter contre le vieillissement des cellules

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Créée en 2014, la société KiOmed Pharma est une spin-out de KitoZyme. Comme l’expliquent François Blondel, Fondateur et Président exécutif du conseil d’administration et Houtai Choumane, CEO de KiOmed Pharma, son ambition est de présenter des réponses au vieillissement des cellules grâce à l’innovation dans le secteur végétal.

Texte : Philippe Van Lil

François Blondel Fondateur
KiOmed Pharma

En quoi votre innovation apporte-t-elle une solution dans le domaine de la santé ? 

François Blondel : « Nous opérons dans trois domaines spécifiques : la dégradation du cartilage et du liquide synovial des articulations afin de combattre les problèmes d’arthrose ; le vieillissement de la peau, qui se traduit par l’apparition de rides ; le dessèchement de la surface oculaire, ce que l’on appelle communément le ‘syndrome de l’œil sec’. Pour reculer le vieillissement des tissus dans ces trois maladies dites ‘dégénératives’, nous avons développé, à partir de champignons, une technologique unique de production du chitosane, un polymère de la famille des polysaccharides. Jusqu’ici, le chitosane était un produit d’origine animale, en particulier à partir de crustacés et crevettes. Le fait de proposer un produit d’origine végétale est une innovation majeure qui bénéficiera à un grand nombre de patients. »

En quoi cette technologie constitue-t-elle est une avancée ?

Houtai Choumane
CEO
KiOmed Pharma

Houtai Choumane : « Ce polymère est particulièrement efficace contre le stress oxydatif. Imposé par l’environnement, celui-ci accélère le vieillissement des cellules, du cartilage, du derme et de l’œil. Il n’y a pas de médicaments qui guérissent ces maladies, mais des traitements comme le nôtre traitent les symptômes. Autrement dit, les patients souffrent moins, marchent mieux et bénéficient d’une meilleure qualité de vie. Notre chitosane agit par exemple dans les cas d’arthrose avancée, là où d’autres traitements n’ont pas d’effets. »

F. B. : « Le produit que nous proposons peut être moins allergène que les produits d’origine animale. Il peut remplacer l’acide hyaluronique, un produit utilisé de longue date contre l’arthrose et dans d’autres applications. L’efficacité de cet acide, issu de l’extraction de crêtes de coqs, est cependant très limitée dans le temps ; de plus, 40 % des patients arthrosiques ne répondent pas à ce traitement. Nos produits apportent des réponses à ces deux limitations Par ailleurs, nous avons également une meilleure maîtrise des procédés de fabrication. »

Du chitosane ultrapur d’origine végétale, ici sous forme de poudre. Ce polymère sert de base à des traitements innovants, notamment un gel à injecter pour combattre l’arthrose.

Quelle est le développement actuel de votre activité ?

H. C. : « Nous nous focalisons sur la recherche et la production. Via un partenaire de distribution, nous venons de lancer un premier produit sur le marché. Il s’agit d’un produit injectable pour traiter l’arthrose du genou. Le marché potentiel est gigantesque : l’arthrose représente pas moins de 300 millions de patients dans le monde, dont plus d’un million rien qu’en Belgique. Nous développons également, en partenariat avec un acteur d’envergure mondiale, une gamme de produits pour la dermato-esthétique. » 

F. B. : « En Belgique, il existe un grand nombre de sociétés actives dans le secteur des biotechnologies. Mais ce n’est pas tout de développer de nouvelles solutions. Encore faut-il être en mesure de nouer des partenariats avec des sociétés actives dans les segments concernés afin de commercialiser les produits. C’est très clairement notre cas. Nos partenaires sont visiblement convaincus par notre technologie valorisant le chitosane végétal, un domaine dans lequel nous sommes leaders mondiaux. »

Sous quelle forme se présente votre produit ?

F. B. : « Sous la forme de gel, que l’on injecte via une seringue, pour l’arthrose et la peau. Pour les yeux, c’est sous la forme de gouttes. En matière d’arthrose, on obtient une très bonne efficacité grâce à un produit unique qui fonctionne en une seule injection jusqu’à une dizaine de mois. Pour lutter contre le vieillissement de la peau, nous développons deux types de produits : des injections qui améliorent l’hydratation et la qualité de la peau en réduisant le stress oxydatif ; et des combleurs dermatologiques pour traiter les rides. Ces derniers traitements sont plus invasifs que les crèmes mais ont une efficacité plus importante. » 

H. C. : « Signalons aussi qu’en dermato-esthétique, l’un de nos essais cliniques a donné d’excellents résultats. Sur cette base, nous venons de soumettre un protocole visant à permettre l’enregistrement d’un premier produit en 2024. »

Vos solutions ont-elles fait l’objet de publication ?

H. C. : « Oui, bien sûr. Nos travaux sur l’arthrose avancée ont notamment été acceptés au Congrès mondial de l’arthrose et de l’ostéoporose et deux autres papiers ont été récemment publiés dans Plos One et le European Journal of Dermatology. Afin de faire connaître notre produit, nous participons aussi régulièrement à des congrès, comme cela a été le cas au Symposium international des traitements intra-articulaires. Enfin, nous avons également des études cliniques sur l’arthrose, notamment en Belgique, ou l’on compare notre produit aux leaders du marché. Nos produits gagnent ainsi en visibilité. Pour le meilleur des patients. »

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