L’eau, source de vie, est devenue une menace majeure pour les villes belges. Le changement climatique combiné à l’imperméabilisation des sols, entraine une augmentation des inondations ce qui coûte chaque année des dizaines de millions d’euros en dégâts matériels et tragiquement humains.

Claire Joniau
RESPONSABLE SERVICE GESTION DES EAUX, ASSOCIÉE
En 2021, la Wallonie a ainsi enregistré plus de 2,5 milliards d’euros de sinistres. Pourtant, une partie de la solution se trouve sous nos pieds : transformer nos villes en « éponges » capables d’absorber, de stocker et de restituer l’eau de pluie au sol, plutôt que de la rejeter vers des réseaux saturés ou de la laisser ruisseler.
Une urgence climatique et urbanistique
En Belgique, les projections climatiques montrent que les épisodes de pluies extrêmes deviennent plus fréquents et plus intenses. Parallèlement, l’artificialisation gagne du terrain, atteignant 15 % en Wallonie et jusqu’à 53 % à Bruxelles. Sur le terrain, les experts du bureau d’études Geolys constatent quotidiennement cette urgence : une gestion intégrée des eaux pluviales n’est plus une option, mais une nécessité pour la résilience de nos territoires.
Le modèle de la « ville éponge » imite les écosystèmes naturels. En visant la rétention de 70 % des eaux pluviales, il réduit le ruissellement de 30 à 50 %. Cette approche désature les égouts, dont 40 % des stations d’épuration débordent lors de fortes pluies en Belgique, et permet de recharger les nappes phréatiques qui sont à 30 % en déséquilibre aujourd’hui.
Le modèle de la « ville éponge » s’inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels, en favorisant l’infiltration, le stockage temporaire et la restitution progressive des eaux de pluie. En limitant le ruissellement à la source, cette approche contribue à soulager des réseaux d’égouttage souvent saturés lors d’épisodes de fortes précipitations. Elle permet également de mieux recharger les nappes phréatiques, dont l’équilibre est fragilisé dans plusieurs régions du pays par l’alternance accrue de périodes de sécheresse et de pluies intenses.
Transformer nos villes en “éponges” n’est plus une option, mais une nécessité pour la résilience de nos territoires.
Gestion à la parcelle : l’expertise au service de l’efficacité
La transformation des villes repose sur des solutions concrètes à l’échelle de la parcelle, qu’elles soient aériennes ou enterrées.
- Solutions aériennes : Les noues et jardins de pluie favorisent l’infiltration tout en boostant la biodiversité locale (+30 % d’oiseaux, +50 % d’insectes). La mise en place de revêtement perméable évite la concentration des eaux et le ruissellement. Une toiture végétalisée permet également de retenir une partie des eaux de pluie tout en favorisant une isolation du bâtiment.
- Solutions enterrées : Les citernes de temporisation et d’infiltration permettent de retenir un certain volume en prenant peu de place. Une combinaison de ces dispositifs avec une rétention permettra également une utilisation des eaux pluviales et ainsi une réduction de la facture d’eau.
Pour l’ensemble de ces projets, Geolys accompagne les maîtres d’ouvrage pour sélectionner la ou les solutions adaptées à la vitesse d’infiltration réelle du sol et aux contraintes techniques et urbanistiques de chaque projet.
La transformation des villes passe par des solutions concrètes à l’échelle de la parcelle, qu’elles soient aériennes ou enterrées. Les toitures végétalisées, les noues et les jardins de pluie permettent de retenir et d’infiltrer l’eau de pluie tout en renforçant la biodiversité locale. Les revêtements perméables, quant à eux, limitent le ruissellement en évitant la concentration des eaux.
En complément, des solutions enterrées comme les citernes de temporisation ou d’infiltration offrent une gestion efficace de l’eau en occupant peu d’espace, tout en permettant parfois sa réutilisation et une réduction de la consommation d’eau potable. Geolys accompagne les maîtres d’ouvrage dans le choix des dispositifs les plus adaptés, en fonction des caractéristiques réelles du sol et des contraintes techniques et urbanistiques de chaque projet.
Vers un nouveau paradigme urbain
L’enjeu dépasse la simple gestion des risques. Le plan « Cloudburst » de Copenhague a déjà démontré qu’une transformation d’une partie significative des surfaces urbaines peut réduire les inondations. En Belgique, cette transition s’accompagne de bénéfices collatéraux majeurs : la végétation contribue à réduire les îlots de chaleur, parfois de plusieurs degrés, tandis que les toits végétalisés améliorent l’isolation des bâtiments et peuvent réduire les besoins en chauffage.
C’est ici que l’approche de Geolys prend tout son sens. En croisant les enjeux de l’eau, du sol et de la géothermie, notre bureau d’études en environnement transforme des contraintes techniques en leviers durables. En s’appuyant sur des données de terrain pour sécuriser les captages ou concevoir des solutions de valorisation énergétique du sous-sol, Geolys permet aux territoires de devenir plus résilients.
Geolys a comme ambition de transformer une contrainte en un atout pour le projet. L’eau n’est plus une menace à évacuer, mais une ressource à apprivoiser. La ville de demain sera éponge… ou submergée.
« Face aux enjeux climatiques, hydrologiques et réglementaires, Geolys intervient comme bureau d’études environnementales indépendant, spécialisé dans l’hydrogéologie, la gestion intégrée de l’eau, la géothermie et les études de sol. Nos équipes s’appuient sur des données de terrain pour analyser la perméabilité des sols, sécuriser les captages, concevoir des solutions d’infiltration, de stockage ou de valorisation énergétique du sous-sol, et accompagner les projets de leur faisabilité à leur mise en œuvre. En croisant eau, sol et énergie, Geolys transforme des contraintes techniques et réglementaires en leviers durables pour des territoires plus résilients. »